ATHALA

Association tourangelle pour

l’histoire et l’avenir du livre et de ses arts

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Cycle « Cursivité »

Le thème choisi pour le cycle de cette première année d’activité est relativement délicat à définir. Le terme utilisé pour l’annoncer est « cursivité », mais le mot se voit ici détourné de son sens originel pour revêtir le sens plus large de dynamique. La spontanéité est une notion fondamentale en calligraphie. Elle se traduit sur le papier par un élan, une énergie, qui fait avancer l’œil et accompagne la lecture. Cette dynamique de l’écriture manuscrite, si elle n’est pas propre à l’écriture cursive, lui est indispensable. Or, par nature hachée, « composée », l’écriture typographiée semble incapable de reproduire cette dynamique, qui est pourtant à la base du geste calligraphique.

De très nombreux imprimeurs ont cherché, et cherchent encore, à recréer cette énergie. Les procédés employés se retrouvent régulièrement : usages des ligatures (dès Gutenberg), inclinaison de la lettre (italique aldine, par exemple), prolongement des traits des hampes et des hastes (caractères de civilité), arabesques flottantes (Granjon parfois, Pierre Moreau souvent), sans parler de la reproduction du dessin des lettres en lui-même ou de la calligraphie directement gravée en taille-douce. Il existe quelques études sur les ligatures (voir l'excellent numéro 22 des Cahiers GUTenberg entièrement consacré à cette question), quelques articles sur la calligraphie imprimée, ainsi que de nombreux ouvrages sur le dessin des caractères typographiques. Mais aucune étude francophone récente n’a cherché à englober tous ces procédés dans une seule tentative de conférer à l’imprimé le même dynamisme que le manusrit. C’est l’ensemble de ces procédés qu’il s’agira d’étudier dans ce cycle de conférence, à travers une approche historienne (avec des interventions consacrées à des cas particuliers, comme les caractères grecs du XVIe siècle, ou les caractères de Pierre Moreau) mais une approche également contemporaine (comment, à l’aide de l’informatique, le problème est-il déplacé, si ce n’est résolu ?). Nous achèverons l’année avec trois conférences sur des thèmes plus variés.